Adnan JABRI
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Le crédit d'impôt compétitivité boudé

 

Le crédit d'impôt compétitivité boudé Concrètement, "seul le soutien à l'innovation est plébiscité" avec 71% de jugements positifs. "Le dispositif tel qu'il existe en France est très satisfaisant, la France apparaît un peu comme un Eldorado, grâce au crédit impôt recherche", commente Arnauld Bertrand, associé responsable du département secteur public d'Ernst and Young. Toutefois, "lorsqu'on interroge les chefs d'entreprises, ils nous disent à 72% que ces aides ne ne sont pas suffisamment efficaces parce que peu accessibles, parce que les dispositifs de demande d'aide sont complexes (...) il y a même trop d'aides, il y a des aides qui sont en concurrence les unes avec les autres", a déclaré à l'AFP Arnauld Bertrand. Ainsi, interrogés en novembre dans le cadre du baromètre La Tribune-LCL Ipsos, les dirigeants de PME semblaient assez peu séduits par le nouvel outil à leur disposition : le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE). D'après cette enquête, plus d'un dirigeant sur deux envisageait de ne pas l'utiliser, probablement en raison des contreparties qui pourraient leur être réclamées. Selon l'enquête, qui repose sur les statistiques de l'Inspection générale des finances (IGF), "60 milliards d'euros d'aides publiques sont versés aux entreprises soit l'équivalent du budget annuel de l'éducation nationale et près de deux fois celui de la défense". Et 9% de ces aides sont spécifiquement destinées aux PME qui représentent 52% de l'emploi salarié et 43% de l'investissement des entreprises, même si celles-ci bénéficient d'autres aides dédiées aux entreprises quelle que soit leur taille, précisent les auteurs du rapport. Un problème pour l'export L'un des points d'achoppement serait l'exportation. 58% des sondés jugeraient ainsi inefficace l'aide à l'export . "C'est d'autant plus problématique que les entreprises que nous avons interrogées sont très exposées à la concurrence internationale", souligne Arnauld Bertrand. Afin de pallier les lacunes d'un système apparemment imparfait, les auteurs ont donc "émis des recommandations pour l'avenir" parmi lesquelles "répondre à l'attente des entreprises et avoir une stabilité réglementaire et fiscale sur quatre ou cinq ans pour sécuriser les décisions d'investissement, simplifier les dispositifs de demandes d'aide". Ernst and Young, qui a présenté son étude au gouvernement, prône notamment la création d'un passeport entreprise où une société remplirait une fois pour toutes l'ensemble des données dont elle peut avoir besoin pour demander une aide.